Investir dans le pétrole et les ressources?

Par 09/02/2016 bourse, risque
crise du pétrole

En 2016, le prix du baril de pétrole reste déprimé. Aux alentours des 30 dollars, il se négocie un creux d’une décennie. Évidemment vous êtes nombreux à vous demander s’il n’est pas temps d’investir dans les actions de pétrolières ou dans les fonds de ressources et d’énergie? On peut dire que c’est tentant quand on voit les contractions de valeurs des gros joueurs de l’industrie depuis 12 mois. Imperial Oil a glissé de -12%, Suncor a effacé -18%, Husky Energy s’est contractée de -57% et EnCana a effacé 64% de sa valeur depuis janvier 2015.

station d'essencePour savoir si à 30$ le baril c’est un bon point d’entrée dans le secteur, il faut savoir si les chances de pertes supplémentaires sont encore importantes. À ça, je vais vous répondre franchement; on ne sait pas. Il y a trop de facteurs et d’informations contradictoires en jeu. Si l’économie de la Chine est si mal en point qu’on le pense, ça peut prendre du temps avant que le baril ne reparte à la hausse et de manière soutenue. Aussi, il faut considérer que si les ententes entre l’Iran et les États-Unis tiennent le coup, ce pays producteur important pourrait modifier l’offre. Mais un conflit au Moyen-Orient pourrait engendrer des craintes et une rareté. La demande des pays émergents, les surplus de production provenant de l’exploitation des ressources du schiste, les pays de l’OPEP qui font une guerre d’usure, le quasi-blocus de la Russie, etc. De mon vivant, je n’ai jamais observé autant de brouillard dans le secteur pétrolier. Gager en ce moment sur le pétrole nécessite des nerfs d’acier et une capacité d’analyse sophistiquée.

Que font les gestionnaires astucieux?

Les gérants de fonds de placement, de mandats de gestion privée et de régimes de retraite se précipitent-ils sur les actions des pétrolières ? Non pas du tout et mais certains se mouillent. Fidelity, Invesco et Placements CI (dont Daniel Bubis de Tetrem) ont récemment pris des positions dans le secteur des ressources. Mais avant de faire des investissements significatifs, ils vont patienter jusqu’à ce que le prix du baril se stabilise pendant un trimestre ou deux. On n’est pas encore là. Ceux qui souhaitent tout de même, profiter de l’occasion peuvent le faire par la bande. C’est-à-dire en identifiant les entreprises qui consomment beaucoup de pétrole et qui de facto ont abaissé fortement leurs coûts d’exploitation. Bien sûr, ces compagnies ne vont pas refiler toutes leurs économies aux consommateurs, mais vont préalablement en profiter pour gonfler leurs marges de bénéfices. Alors, qui sont ces gagnants indirects? Les fabricant de produits en plastique et polymères, les compagnies aériennes, les sociétés de transport (camions et bateaux), les entreprises de livraison et détenant d’immenses flottes de véhicules. Parmi les critères de choix, il faudra identifier les chefs de file mondiaux les moins endettés qui augmentent régulièrement leurs dividendes.

À retenir

  • Investir dans des secteurs économiques précis est très risqué
  • Le prix du pétrole n’est peut-être pas au plancher
  • Les gestionnaires professionnels recommencent à acheter
  • Les sociétés dominantes et peu endettées sont favorisées.