La « gestion privée », c’est plus que ça

Par 28/10/2017 gestion privée
Tailleur

Le terme « gestion privée » est devenu certainement un des plus malmenés par l’industrie financière. À croire tout ce qu’on lit, lorsque vous concentrez vos épargnes au même endroit ça devient de la gestion privée. Quant à ça, tous les services financiers sont en voie de devenir « Gestion Privée ».

  • On vous propose une carte de crédit noire… et pouf, apparaît l’appellation « gestion privée ».
  • Vous avez un compte bancaire avec un solde supérieur à 25 000$ =Gestion Privée.
  • Votre REER de fonds communs contient plus de 100 000$ = Gestion privée.

champagneNon. Ce n’est pas ça. D’évidence, quelques institutions travestissent en opportunité marketing ces deux mots qui pourtant, sont assez simples à décrire.    On s’aperçoit bien que « Gestion privée » a été recyclée ad nauseam.

Ce n’est pas parce qu’un vin blanc sucré avec des bulles est servi dans une flûte qu’il devient automatiquement du « Champagne ».

Selon le dictionnaire, « Gestion » désigne l’action de gérer, d’administrer. Ensemble des activités d’organisation, de planification, de direction et de contrôle nécessaires pour qu’une entreprise atteigne ses objectifs. Quant au mot « privée », il désigne un bien ou un service réservé à l’usage d’une personne ou d’un groupe. Chemin privé, cuisine privée… Ce qui est intime et personnel relève de la « vie privée ».

On comprend donc que « gestion privée » devrait signifier : l’ensemble des activités d’organisation, de planification, de direction et de contrôle nécessaires pour qu’une entreprise privée, une famille et/ou les individus qui la compose atteignent ses objectifs. Ces activités relèvent des données et biens personnels et sont réservées, voire personnalisées en fonction des particularités individuelles ou d’un groupe restreint.

La « gestion privée » n’est pas du prêt-à-porter 

Il est facile de comprendre que la simple gestion d’un portefeuille de placement de manière uniforme pour tous les types de clients ne représente absolument pas de la gestion privée. Ce n’est pas parce qu’on impose un minimum à investir que cela devient un compte « privée ». Ni parce que les frais ont été légèrement abaissés.

Si le produit ou service rejoint un « petit groupe » de 850 000 familles … on saisit qu’il n’y a rien de bien « privée » comme mode de gestion. On est plutôt devant un « processus » de marketing de masse. La principale lacune observée dans les institutions de détails qui prétendent offrir de la gestion privée concerne la simplification des fonctions. À mon avis, en excluant les comptes bancaires et les cartes de crédit (qui n’ont rien à voir avec le sujet), on doit repérer au moins trois des activités administratives énumérées ici pour convenir qu’on propose réellement de la gestion privée.

  • Gestion de portefeuille
  • Gestion budgétaire
  • Planification intégrée de patrimoine
  • Planification successorale
  • Planification et gestion fiscale
  • Analyse des risques
  • Planification d’affaires
  • Transmission d’entreprise
  • Philanthropie

Là, on commence à parler des vraies choses. Ensuite, venons-en à l’aspect service. Les conseillers en gestion de patrimoine qui ne travaillent qu’avec un nombre restreint de familles sont en mesure d’offrir un soutien et des conseils très personnalisés. Ils ont surtout plus de temps à consacrer que les grands groupes bancaires qui soumettent leurs employés à des quotas et des pressions de vente. Retenez que les cabinets de petites et moyennes tailles et les boutiques de conseils familiaux (family offices) répondent ainsi parfaitement à l’appellation « gestion privée ». La différence s’observe dans les petites attentions et dans la conviction que le meilleur intérêt du client est favorisé, et ce, en toutes circonstances.