Larguer, conserver ou acheter Facebook?

Par 25/03/2018 bourse
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Dans l’affaire Camdridge Analytica, le laxisme dont a fait preuve Facebook n’a rien pour rassurer. Nombreux ont été les actionnaires du plus grand des réseaux sociaux à larguer massivement le titre en bourse. De son sommet à 195$, l’action a cédé 36$$. C’est significatif, mais ce n’est pas une vraie dégelée. Pour un titre techno, reculer de -15% à -20%, c’est courant.

Rappelons qu’une firme de consultants en stratégie politique a soutiré et exploité de la base de données de Facebook des informations personnelles et ultraprécises des habitudes, goûts, valeurs et caractéristiques principales de 50 millions d’usagers de la plateforme sociale. Si cela fait scandale aujourd’hui, ce n’est pas par l’effet de surprise engendrée (vous ne vous imaginiez pas quand même que vos données n’étaient pas monnayées?), mais par l’efficacité du pouvoir d’influence dans une élection. On sait depuis des milliers d’années que la foule est manipulable et la propagande a toujours accompagné les actions politiques, mais les méthodes sournoises utilisées par les faiseurs de « fake news » donnent froid dans le dos.

Aubaine ou pas?

Avant de crier aux aubaines et d’hypothéquer le cabanon, prenons une pause. Est-ce que pareille nouvelle doit nous faire douter de la croissance future de Facebook? Peut-être, mais également d’autres technos susceptibles d’exploiter les données confidentielles de ses clients abonnés.

Les plus enthousiastes des FANG (Facebook-Amazon-Netflix-Google, etc) sont tentés ne n’y voir qu’un pétard mouillé et de se précipiter sur l’action pour en faire le plein du portefeuille. Réfléchissez! Ce n’est pas un scandale ordinaire comme la listeria dans du baloney Maple Leaf. L’affaire Cambridge Analytica résonne dans tous les parlements du monde. Elle a secoué sévèrement les politiciens, tous partis confondus. Autant, les plus opportunistes et vils lobbyistes que les puristes sont ébranlés. Certains se frottent les mains d’envie et les autres déchirent leurs chemises en public pour que ce type d’ «avantage concurrentiel» politique soit interdit.

Rappelons ce que fait Facebook. C’est un média virtuel qui permet d’échanger publiquement des informations personnelles, banales, vraies, fausses et parfois pertinentes sur nos communautés. En échange d’un accès sans frais pour le membre, Facebook monétise nos habitudes, nos choix et notre attention à des clients qui s’incrustent dans nos « murs » en utilisant nos petits aveux de manière à nous faire consommer. Et ça fonctionne drôlement bien. Le marketing sournois créé par le traitement du Big Data  a rapporté 40 milliards $ en revenu à Facebook en 2017. Ça représente une hausse de 49% sur 1 an.  Tous les ratios de FB sont incroyablement positifs et témoignent d’une profitabilité solide. Mais, comme sa matière première (nous) est gratuite, elle peut s’évaporer n’importe quand et fissurer son modèle d’affaires.

Tsunami en vue

Les secousses qui affectent Facebook ne sont pas terminées. Il y aura des commissions d’enquêtes, des poursuites et recours collectifs à l’échelle mondiale. Je m’attends aussi à un effet de contamination qui impactera sur Snap, Alphabet, Twitter, Amazon et Linkedin (Microsoft).

Voici les points négatifs affectant Facebook :

  • Les jeunes délaissent Facebook (-3% par année)
  • Les fakenews réduisent sa crédibilité comme média
  • Les resserrements légaux vont limiter la qualité de ses données exploitables ET ses revenus
  • Les abonnés pourraient restreindre volontairement la portée de leurs publications ou ultimement fermer leurs comptes